Partir pack sac, choisir sa carrière : même combat

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Par Dominique Lefebvre, le 9 janvier 2018

Partir pack sac, choisir sa carrière : même combat

Si tu es déjà parti(e) pack sac, tu sais comme moi que la toute première étape de cette grande aventure repose sur un étrange sentiment : celui de l’appel du voyage. On ne sait pas trop pourquoi, mais c’est plus fort que nous, on a envie de partir.

Il y a deux ans, j’ai ressenti ce type d’appel alors que j’étais étudiante en médecine, mais au lieu de prendre une année sabbatique pour faire le tour du monde, j’ai pris la décision d’explorer un autre pays, un pays qui m’était jusque-là encore inconnu : celui des communications.

C’est là que j’ai réalisé que mise à part la classique photo de passeport malaisante, un choix de carrière, ça ressemble peut-être pas mal plus qu’on pense à un voyage pack sac.

Étape 1 : L’appel

Le fameux appel du départ nous provient souvent d’un pays en particulier, c’est donc tout naturellement qu’on décide de se diriger vers lui. Si on désire vraiment visiter le Guatemala par exemple, on ne s’impose pas de passer par l’Europe sous prétexte que « tout le monde devrait l’avoir vue » ou que « maman pense que ce serait une meilleure idée pour un premier voyage ».

Toutefois, quand vient le temps de choisir un domaine d’étude ou une carrière, il semblerait que l’appel prenne parfois plusieurs coups avant qu’on se décide à décrocher le combiné. Pour ma part, pour toutes sortes de raisons, l’appel du monde de la publicité est littéralement tombé sur ma boîte vocale pendant 5 années. Disons que dans mon itinéraire vers mon pays rêvé, j’ai fait un petit détour.

Étape 2 : La cueillette, la jasette

La deuxième étape du processus, c’est celle de la recherche d’informations. On vérifie la géographie du pays sur Google Maps, on dévore des yeux ses paysages, on s’informe sur ses villes, sa culture, etc. On va même jusqu’à écrire un statut Facebook pour récolter les avis inédits de nos connaissances : « Avis à tous ceux qui ont déjà visité ce pays, auriez-vous des recommandations ? »

Curieusement, quand vient le temps de choisir un domaine d’étude, plusieurs sont gênés à l’idée de s’informer plus en profondeur. Personnellement, je l’étais. Je me contentais principalement de lire de froides descriptions de programmes sur Internet. Au cégep, jamais il ne m’était passé par la tête, par exemple, d’aller prendre un café avec un étudiant en médecine pour lui poser des questions plus pointues sur son expérience ou encore m’organiser une journée d’observation avec un médecin en milieu hospitalier. En quelque sorte, je me suis lancée dans un grand voyage, sans avoir honnêtement exploré beaucoup de paysages et m’être informée sur la culture du pays. J’avais une idée préconçue de ce qu’était un médecin. Pas étonnant qu’une fois rendue à destination, j’ai eu un petit choc.

Avant de partir en sabbatique, j’ai décidé de ne pas refaire la même erreur. J’ai tranquillement commencé à faire des recherches sur les différents programmes disponibles dans ma ville, mais aussi ailleurs. Je me suis informée sur les emplois et les débouchés. J’ai contacté des amis. Des amis d’amis. Des amis d’amis d’amis. Je voulais entrer en contact avec des personnes qui savaient réellement de quoi elles parlaient, pour l’avoir vu, pour l’avoir vécu. Mon objectif était de démystifier cette destination et de voir si celle-là me collerait mieux à la peau.

Étape 3 : Le plan

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La troisième étape d’un voyage pack sac s’avère bien différente pour tout le monde. Alors que certains planifient leur départ pendant des mois, d’autres achètent leurs billets d’avion sur un coup de tête.  Si certains prévoient rigoureusement tous leurs déplacements et leurs nuitées d’hébergement, d’autres ne prennent qu’un aller simple et laissent leur parcours se façonner au fil des rencontres.

N’ayant qu’une année à ma disposition, je jugeais plus sage de planifier un itinéraire global tout en restant ouverte d’esprit au cas où des opportunités inespérées se présenteraient. Au début de ma sabbatique, en plus de m’inscrire dans un certificat en communication, je me suis donc fixée certains objectifs principaux, comme celui de participer aux Jeux de la Communication ou encore de faire un stage d’été en entreprise. Après avoir vérifié que tous mes papiers étaient en règle, la jeune fille de Québec que j’étais s’est enfin décidée à acheter un billet aller-retour d’un an pour Montréal. J’ai fait mes valises et je suis partie.

Étape 4 : Le voyage

L’arrivée en terres inconnues s’agit probablement du moment le plus excitant et le plus terrifiant du voyage. Au début, on se pose des questions comme « et si je n’aime pas ça ? », « et si je n’arrive pas à me faire d’amis ? » ou encore « et si une malchance me tombe dessus ? ». Mais il faut faire le saut. Autrement, on ne pourra jamais savoir si le pays en question est le bon pour nous.

Certains matins, on se réveille et on n’a pas vraiment envie d’aller visiter les attractions touristiques, on voudrait rester coucher. C’est un peu la même chose pour un nouveau domaine d’étude ou un nouveau travail. Il faut savoir s’écouter, mais également se laisser du temps pour s’adapter. Pendant ma sabbatique, j’ai connu des journées moins plaisantes où j’aurais préféré être ailleurs. Mais la majorité du temps, je me sentais profondément bien, contrairement à mes années d’étude en médecine où j’avais un grand sentiment d’imposteur.

En fait, je crois que le problème, c’est lorsqu’on a envie d’être ailleurs plus que la moitié du temps. Dans ce cas-là, rien ne nous oblige à rester dans un pays qui nous rend inconfortables ou malheureux ; il n’est jamais trop tard pour changer de cap vers une autre destination ou encore revenir tout simplement à la maison.

Ultimement, si je me fie à mon parcours, je pourrais te résumer le tout en trois conseils :

  1. Écoute-toi. Tu te connais mieux que quiconque. Fais ce qui te tente. C’est ton voyage.
  2. Informe-toi. Ne sois pas gêné(e). Pose des questions à des gens qui savent de quoi ils parlent. Laisse-toi tenter par une autre réalité que celle que tu connais déjà.
  3. Plonge. Trompe-toi. Fais des détours. Voyager dans un pays ne signifie pas d’y faire une demande de citoyenneté permanente pour le reste de tes jours, encore moins à notre ère ! Rares sont ceux qui occupent le même emploi toute leur vie. Et puis, on va se le dire, rien ne t’empêche de faire le tour du monde si tu le désires.

Parce qu’au final, un choix de carrière, c’est un beau et grand voyage pack sac qui peut durer près d’une cinquantaine d’années jusqu’à ce que tu décides de prendre ta retraite.

Ça vaut la peine d’opter pour l’itinéraire de tes rêves.

P.S. Si je te laisse avec tout plein d’interrogations concernant mon parcours (ou si tu te trouves toi-même à la croisée des chemins par rapport à tes propres choix de vie), ne manque surtout pas le Facebook Live avec Fred Bastien sur la page d’Academos le 6 février prochain. J’y serai avec trois autres panelistes ainsi qu’une conseillère en informations scolaires et professionnelles afin de pouvoir répondre à toutes tes questions en direct!

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